En fondant le 8 mars 1948, la première école de formation supérieure pour l’administration publique, Feu Sa Majesté Mohammed V lançait, trois années à peine après la création de l’ENA de France, l’initiative fondatrice des piliers de l’administration et la fonction publiques marocaines.

Cette initiative traduisait sa volonté de jeter les jalons d’une administration forte et indépendante, en préfiguration du grand chantier de construction institutionnelle du Maroc au sortir du Protectorat. La fonction publique était au cœur de cette refonte avec la nécessité d’avoir des fonctionnaires marocains bien formés et capables de contribuer à la fondation d’un Etat moderne et indépendant.

Ce grand chantier a été renforcé par la refonte des mécanismes de formation à la haute fonction publique que Feu Sa Majesté Hassan II a lancé pour consolider le dispositif institutionnel et administratif du pays, à travers, d’abord, les réformes successives de l’École Marocaine d’Administration (devenue l’ENAP en 1972 et l’ENA en 193) et ensuite par le lancement de l’Institut Supérieur de l’Administration (ISA). Ces transformations successives étaient fortement liées aux temps de passage de refondations politiques et institutionnelles du pays.

Aujourd’hui, et dans un contexte où la réforme de l’administration publique est au cœur du projet de développement du Maroc. L’histoire de l’institution mérite d’être célébré à sa juste valeur. Ce moment de célébration arrive alors que l’institution fait l’objet d’une réforme profonde, voulue par Sa Majesté Le Roi Mohamed VI Que Dieu Le Préserve suite à la fusion toute récente de l’ENA et l’ISA dans le cadre de la nouvelle institution – L’ENSA-. Cette réforme dénote bien d’une ambition renouvelée pour la formation à la haute fonction publique dans notre pays et représente une fenêtre d’opportunité pour accompagner les chantiers institutionnels et la dynamique de développement du Maroc.

La nouvelle institution, dépositaire de ce triple héritage, l’empreinte des « Trois Règnes », souhaite intégrer le levier de l’Histoire et de la Mémoire dans son plan de développement et y intégrer la valorisation de ce riche patrimoine architectural, historique et immatériel de l’école.

De la même manière qu’à ses débuts, l’Ecole avait un rôle de tout premier plan à jouer dans la construction du Maroc fraîchement indépendant, elle a aujourd’hui d’importantes responsabilités à assumer pour accompagner le projet de développement conçu et conduit par Sa Majesté Mohammed VI Que Dieu Le Préserve. Cette jonction entre le passé et l’avenir mérite d’être estimée à sa juste valeur et serait de nature à donner un nouvel élan à l’itinéraire historique de l’Ecole des Trois Règnes”.